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Photographie de la dernière activité

19 août

Mémorial du Lévézou

Il y avait beaucoup de monde ce samedi 19 août au mémorial du Lévézou. Élus, représentants des corps constitués, anciens combattants, ils avaient tous fait le déplacement pour rendre hommage aux personnes assassinées sur le Lévézou.
Dans ce lieu de mémoire érigé au bord de la route des Pins de Vinnac, les prises de paroles se sont succédé lors de la cérémonie. "Souvenons-nous de ceux qui ont su dire non" a rappelé monsieur Patrick BERNIE, sous-préfet de l'arrondissement de Millau. "De façon insidieuse, certaines idéologies barbares ont tendance à resurgir."

Le lieutenant-colonel (er) Bernard MAURY, président d'honneur du Comité d'entente des associations d'anciens combattants de Millau a retracé cet indicible drame qui a frappé les paysans de la ferme GAUBERT d'Argols, à Saint-Léons.

C'est une histoire de vengeance, «le drame des représailles». Le 19 août 1944, neuf innocents ont été abattus par les balles allemandes aux Pins de Vinnac.
«Nous sommes en août 1944,les Alliés ont débarqué en juin et la première armée française arrive en Provence.» A ce moment-là, les troupes ennemies ont amorcé leur repli vers l'Allemagne. De leur côté, en Aveyron, les maquisards «multiplient les embuscades, avec, souvent, des Allemands qui ripostent tels une bête féroce blessée ». Comme ce sombre matin du 19 août, où, venant de Millau pour «rendre l'itinéraire libre à leurs homologues qui descendaient de Rodez», une colonne nazie tombe sur la ferme GAUBERT d'Argols. Plusieurs paysans s'y sont rassemblés, autour de la grande batteuse, pour aider les propriétaires à dépiquer. De braves gens «sans activité belliqueuse ou résistante aucune» qui travaillent ensemble, avec la joie de savoir les Allemands sur la retraite.
«Ils n'ont rien fait, sauf se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment.»

Le soleil n'est pas encore au zénith lorsque le bruit des balles transperce, de loin, le calme qui règne à la ferme. «Quatre personnes réussissent à s'enfuir dans les bois, mais neuf restent ». Ils sont rassemblés, menacés, brutalement traînés jusqu'au bord de la route de Millau, actuelle D911, à l'ombre du bois des Pins de Vinnac. Les plus jeunes ont 15 et 16 ans. Un sordide «face à face bourreaux-victimes» se met en place, aussitôt clos par la mitrailleuse, actionnée en batterie. Restent les corps, «criblés de balles». Écroulés sur la terre de leurs aïeux. Les coups à répétition «font comprendre aux gens des alentours le coup de grâce donné aux suppliciés».

Il est 13 heures, «c'est fini».
Albert GREGOIRE, Raymond GAYRAUD, Albert SEVIGNE, Germain BLANC, Emile CAPRAS, Louis VAISSIERE, Louis GINESTY, Louis GARCIA et un inconnu sont tombés pour la France.
«Le symbole de l'horreur». Il reste, en leur honneur, une stèle érigée au Mémorial du Lévézou. Et la mémoire, qui, grâce au travail des historiens, perdurera toujours.


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