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Section de l'Aveyron Section

Photographie du dernier reportage des figures

Armand Jules DUVAL

Il était :
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 21 janvier 1863)
Chevalier de l'ordre de Léopold (1864)

Né le 30 avril 1813 à Rodez et mort le 20 septembre 1870, Armand Jules DUVAL est un avocat, économiste et journaliste C'est est un farouche partisan du fouriérisme, (système de morale et d'organisation sociale imaginé par FOURIER. Ce système repose tout entier sur ce que son auteur appelle l'attraction passionnelle, c'est à dire l'entraînement de la passion, sur les penchants naturels des humains) et de la colonisation de l'Algérie.

Jules DUVAL est un enfant naturel. La rumeur le tient pour un enfant putatif de la famille de SÉGURET qui ne l'a jamais reconnu. Cette famille, connue à Rodez depuis la fin du XVIème siècle, est l'une des plus importantes familles de notables du département de l'Aveyron aux XVIIIème et XIXème siècles. Selon les travaux du docteur Michel VESCO publiés dans la Revue du Rouergue en 2003, Jules DUVAL serait bien un enfant naturel de la famille de SÉGURET. Il serait ainsi le fils de Henri de SÉGURET et de Sophie PORTIER.

Il fait ses études au collège de Saint-Geniez d'Olt puis à Toulouse où il travaille une année chez un imprimeur puis chez un avocat tout en préparant son baccalauréat qu'il obtiendra en 1832.Trois ans plus tard il sera reçu licencié en droit. Par la suite il est avocat à Rodez de 1835 à 1838. Il est alors nommé substitut du procureur du roi auprès du tribunal de première instance de Saint-Affrique. En 1841, il est substitut du procureur au tribunal de Rodez. En 1846, il démissionne de la magistrature et s'installe à Paris où il entre dans le comité de rédaction de La Démocratie pacifique.

L'Algérie

« La colonisation constitue l'une des faces les plus brillantes de l'histoire générale de l'humanité. Elle est le rayonnement extérieur des familles humaines elle est l'exploration, le peuplement et le défrichement du globe... »
Jules DUVAL, gagné aux idéaux fouriéristes, consacre le meilleur de son temps à son militantisme. Il compte parmi les premiers collaborateurs de Victor CONSIDERANT à l'École sociétaire et s'illustre dans sa presse. En 1847, après avoir démissionné de sa charge de substitut, il se rend en Algérie où il deviendra le conseiller technique de l'Union agricole de Saint-Denis-du-Sig en tant qu'administrateur et comptable. Il dirige l'administration d'un domaine basé sur l'association du travail, du capital et du talent, l'Union agricole d'Afrique à Saint-Denis-du-Sig, dite, Union du Sig, dans une région de l'Oranie que venait de pacifier LAMORICIÈRE. "Patron" de ce simili-phalanstère, DUVAL fait également la classe aux enfants des colons et leur enseigne notamment comment "défricher le Sahara", persuadé qu'il était de pouvoir "transformer en une ou en quelques générations les déserts en champs fertiles". Les choses sur place lui donnent tort, malade, il doit abandonner son poste.
Il est rédacteur en chef de L'Écho d'Oran en 1852 et membre du conseil général de la province d'Oran de 1858 à 1862.

Un homme de lettres

Au début de l'année 1836 il prend part au lancement d'un nouveau journal en Aveyron intitulé Le Ruthénois et dont il devient le directeur. À la fin de cette même année, il reçoit un courrier d'un conseiller général de l'Aveyron, Monsieur Hippolyte de BARRAU, qui veut lui parler d'une idée de société savante. Avec ce dernier, il sera ainsi l'un des principaux fondateurs de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. Il est élu secrétaire au sein du premier bureau de cette société. En 1855, il entre à la rédaction du Journal des débats et en 1857 à la Revue des deux mondes. En 1862, il entre à la société géographique de France et il en sera le vice-président. La même année, il fonde l'hebdomadaire L'Économiste français, "organe des colonies, de la colonisation et de la réforme sociale par l'association et par l'amélioration du sort des classes pauvres".
« Trois ans plus tard, Jules Duval réapparaissait avec son propre journal, L'Économiste français, et annonçait un triple objectif: réunion politique, émancipation administrative, assimilation progressive. Le nouveau porte-parole des colons avait pour devise: libre et harmonique essor des forces.

Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, il veut rejoindre Rodez avec sa femme mais le train qui le transporte est immobilisé sur une voie à Joué-lès-Tours et violemment percuté par un convoi militaire. Armand Jules DUVAL et sa servante sont tués sur le coup Son épouse n'est que blessée. La paix revenue, c'est elle qui s'appliquera à faire éditer ou rééditer les oeuvres de son mari.


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