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La France a rendu les plus hauts honneurs à un pilote américain dont la trajectoire a croisé un jour celle de 23 résistants français sans qu'il n'en sache rien pendant 65 ans, jusqu'à ce que l'Histoire le rattrape dans sa retraite du Tennessee.
Le dimanche, 22 août, pour la première fois depuis la guerre, le lieutenant-colonel Roy SIMMONS retournera à 87 ans sur ce plateau désolé du Larzac où, le 22 août 1944, il perdit son camarade Richard Francis HOY.
Ce jour-là, 23 jeunes hommes du maquis Paul Clé ont été tués par la même colonne allemande que les lieutenants Roy SIMMONS et Richard HOY, 21 et 23 ans, ont mitraillée et qui abattit le chasseur de Richard HOY.
Depuis la Libération, la France a solennellement honoré les résistants morts à La Pezade. Au cours des dernières années, elle a associé à leurs noms celui du lieutenant Richard HOY, et ce sont 24 croix blanches qui se dressent au mémorial surplombant l'autoroute Clermont-Ferrand/Béziers. La bannière américaine y flotte à côté du drapeau français. Roy SIMMONS ignorait que cette funeste journée était restée dans la mémoire des Français. Jusqu'à ce que, fin octobre 2009, un mystérieux appel le sorte de sa routine faite de télévision, de golf, de voyages et de temps partagé avec l'une de ses filles chez lui, à Nashville.

"Le téléphone a sonné à 21H00. J'ai dit : Roy SIMMONS à l'appareil". A l'autre bout, une voix lui dit : "Je suis à la recherche du lieutenant Roy D. SIMMONS Junior".
"J'ai dit : c'est bien à lui que vous parlez, mais j'ai pris ma retraite, et à un grade plus élevé que lieutenant", reprend l'ancien pilote. "Est-ce que vous avez survolé le sud de la France, le 22 août 1944", interroge son interlocuteur. "J'ai dit : Oui, parce que je n'ai jamais oublié que, ce jour-là, j'ai perdu celui qui volait avec moi", observe-t-il.
Celui qui renvoie Roy SIMMONS, méfiant et abasourdi, 65 ans en arrière dans le le cockpit de son mythique Mustang P-51, est un autre ancien combattant, de la guerre du Vietnam, le colonel Donald BOHLER qui partage sa vie entre Montpellier et la Floride. Il lui a fallu un an et demi de recherches dévorantes pour retrouver Roy.
Celui-ci se revoit alors au-dessus du Larzac. Mission de ces pilotes de la cent-onzième escadrille de reconnaissance tactique : observer les mouvements de l'armée allemande, en pleine débâcle une semaine après le débarquement allié en Provence, et les harceler avec les six canons de 12,7 mm de leur Mustang.
Roy SIMMONS et Richard HOY avisent une colonne allemande. Roy est le "leader" de la formation. "Je suis descendu le premier", raconte-t-il, "je suis passé en rase-mottes, je suis remonté et je me suis retourné pour voir où était HOY je l'ai vu s'écraser, je savais que c'était fini".
Il rentre en Corse, où est stationnée son unité. Il fait son rapport. "Le lendemain matin, je me suis levé et j'ai entrepris une nouvelle mission", raconte-t-il.

Plus jamais, il ne reparlera de ces événements. Pendant le conflit, il mènera 110 missions. Il opèrera à chaque fois juste derrière le front et la mort n'est jamais loin. Richard HOY restera le seul de ses camarades tués au cours de ces sorties. Malgré une conviction communément répandue, ils ignoraient complètement qu'une section de saboteurs français avait été décimée par cette colonne allemande.

Dimanche, il rencontrera les survivants de plus en plus rares du maquis Paul Clé aux cérémonies annuelles de La Pezade. Sur l'intercession du sénateur Alain FAUCONNIER, il recevra les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur.

Il se sent à la fois "profondément honoré" et "impatient". "J'ai toujours pensé beaucoup de bien des Français, nous sommes des alliés et mon père a combattu en France pendant la Première Guerre", dit-il.

Une délégation américaine menée par le Consul des Etats-Unis à Toulouse monsieur David BROWN a participé à cette cérémonie annuelle qui honore la mémoire des 23 membres du Maquis Paul Clé et du lieutenant Richard HOY du Corps aérien de l'armée des Etats-Unis, tués pendant l'attaque. La représentation américaine incluait également l'Attaché de l'air adjoint monsieur C.C. MASOTTI de l'ambassade des Etats-Unis et un contingent de Cadets de l'Académie de l'armée de l'air, basée à Colorado Springs dans le Colorado.


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