Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section de l'Aveyron Section

Le dragon Jean-Amans BIRON, grognard de NAPOLEON, est le premier titulaire de la Légion d'Honneur de l'Aveyron., même si le Décret est du 24 septembre 1803.

En ce 14 juillet 2002, dans le vieux village, à l'angle de la rue Saint-Blaise et de la rue de la Briane, un groupe de personnalités et d'élus s'apprête à dévoiler une plaque apposée sur la façade qui se trouve en ce lieu précis. Cette plaque commémore la mémoire de Jean Amans BIRON, dragon d'Empire, né ici même. Ce Monastérien s'est vu attribuer, le 19 mai 1802, la première légion Honneur décernée à un Aveyronnais, avant même les généraux VIALA, BETEILLE et TARAYRE . Il a dû cet honneur à son héroïsme à Arcole et à un magnifique coup d'éclat à Marengo.
Et à l'instant même où le voile d'azur a révélé la plaque, à la surprise générale, sans que rien n'ait été préparé, les cloches du village se sont mises à sonner. Quelqu'un a eu alors ce mot : « Il doit être là-haut, assis sur un nuage, et il nous regarde...»

Il sauve BONAPARTE menacé par les autrichiens
La bataille d'Arcole, lors de la première campagne d'Italie, se déroula du 15 au 17 novembre 1796. Face aux Autrichiens, commandés par ALVINCZY, l'armée française piétinait le long de l'Adige. On connaît le célèbre tableau montrant BONAPARTE s'élançant sur le pont à la tête d'une colonne de grenadiers en brandissant le drapeau d'un régiment. Mais la vérité est tout autre.
BONAPARTE est à cheval et les Autrichiens sont fort nombreux et dans une mêlée confuse ils parviennent à le désarçonner et s'apprêtent à en finir avec lui. C'est alors qu'un enragé se jette sur eux, en sabre deux, remet son général en selle et continue à pourfendre l'ennemi avec ses camarades, tandis que le futur empereur peut s'abriter. Le dragon BIRON vient de se mettre en évidence la bataille d'Arcole sera gagnée par les Français.

Coup d'éclat à Marengo
Quatre ans plus tard, lors de sa seconde campagne italienne, le « Petit Caporal » est encore face aux Autrichiens près du petit village piémontais de Marengo. Les opérations sont bien mal engagées en ce 14 juin 1800. DESAIX, grièvement blessé, appelle BONAPARTE à la rescousse. Lorsque celui-ci arrive, DESAIX est mort et, de l'autre côté du champ de bataille, le major général ZACH, chef des Autrichiens, parade car il pense sa victoire acquise. C'en est trop pour le dragon BIRON qui, malgré deux balles dans le corps et un coup de sabre sur une cuisse, s'élance, suivi de deux compagnons. Il parvient jusqu'à ZACH, saisit les rênes de son cheval et le ramène jusqu'à BONAPARTE. Entre-temps, MARMONT avait réuni hâtivement dix-huit canons pour préparer une nouvelle charge de la cavalerie décimée et finalement Marengo bascula côté français. Après ces sanglants affrontements, BONAPARTE eut cette phrase : « L'issue d'une bataille dépend d'un seul moment ». Était-ce adressé à l'exploit de BIRON ou bien à la contre-attaque de MARMONT ? Quoi qu'il en soit, Jean Amans BIRON se vit décerner un fusil d'honneur et, suprême consécration, sur la fresque peinte par Louis-François LEJEUNE retraçant cette bataille (qui se trouve au musée de Versailles), on voit Jean Amans BIRON, la cuisse ruisselante de sang, tenant les rênes du cheval de ZACH d'une main et son sabre de l'autre.

La Légion d'Honneur
Lorsque, le 19 mai 1802, le Premier consul crée la Légion d'Honneur, il n'oublie pas le brave Jean Amans BIRON. Notre compatriote arborera fièrement cette distinction qui l'accompagnera dans toutes les batailles suivantes elle en porte d'ailleurs les traces.
Cette distinction fut fêtée en grande pompe à Rodez le 14 juillet 1803 . Ce jour-là, dans les salons de la préfecture, Jean Amans BIRON était à l'honneur avec le citoyen MAGIER, de la commune de Laguiole, ex grenadier de la 25e brigade qui avait enlevé le drapeau à l'ennemi à Saint-Jean d'Acre en montant à l'assaut. Il avait tué deux ennemis et avait été blessé. Il avait également été blessé par la suite à Nazareth et à Damiette ce qui lui avait valu, tout comme BIRON, des armes d'honneur. Le dragon BIRON devint par la suite sapeur et participe à la campagne d'Espagne. Lors de l'assaut de Saragosse, en 1809, il a sa croix coupée sur la poitrine d'un coup de sabre. Lui sauva-t-elle la vie ?
Le 11 juillet 1814, après vingt-trois ans de service militaire et. ... vingt et une campagnes, gravement diminué par les blessures subies à Marengo, Jean Amans BIRON revint dans son Rouergue natal. Les cloches de la cathédrale de Rodez sonnaient à toutes volées et toutes les rues de la ville étaient pavoisées en son honneur. Trois jours de fête furent proclamés.
Après une carrière mouvementée, BIRON put alors couler des jours paisibles dans la ferme du Puech-Mourguiol, au-dessus du Monastère, qui appartenait au général BETEILLE. Jean-Amans se maria en 1825 et eut deux enfants. Il mourut le 30 novembre 1841 et, bien que déclaré admissible à l'hôtel des Invalides, selon ses voeux, il fut enterré au cimetière de Rodez, aux côtés de sa famille et de l'un de ses capitaines.


Retourner à l'historique des figures



  © SMLH - 2016