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Section de l'Aveyron Section

Général Edouard CURIERES de CASTELNAU

Il était :
Grand'Croix de la Légion d'Honneur (le 08 octobre 1915 comme Général de Division, commandant un groupe d'Armées du Centre)
Grand Officier (du 18 septembre 1914)
Commandeur (du 30 décembre 1911, remise à Paris le 13 janvier 1912 par le Général DUBAIL)
Officier (du 12 septembre 1899 comme Lieutenant-Colonel d'Infanterie, remise à Paris, le 07 octobre 1899 par le Général DELANNE)
Chevalier (du 29 décembre 1891 comme Chef de Bataillon, remise le 14 janvier 1892 par le Général de Division WARNET)
Croix de guerre 1914-1918
Grand-Croix de l'Ordre du Bain
Grand-Croix de Saint-Grégoire-le-Grand
Grand-Croix de l'Aigle blanc
Grand-Croix de Saint-Stanislas et de Sainte-Anne de Russie
Grand-Croix de Saint-Alexandre Nevski
Grand-Croix de l'Ordre de Victoria d'Angleterre
Chevalier de la Virtuti militari de Pologne
Grand-Croix de Saint-Lazare de Jérusalem

Le général de CASTELNAU est le « grand homme » de Saint-Affrique où il a sa statue. On oublie que celui qui fut un des grands chefs militaires de la guerre de 1914-1918 est issu d'une des plus vieilles familles du Nord Aveyron.

Né le 24 décembre 1851 à Saint-Affrique, dans l'Aveyron, Edouard de CASTELNAU est le troisième des cinq enfants d'une vieille famille catholique et monarchiste du Rouergue, son père est avocat et maire de la ville. Il fait ses études au collège local de Saint-Gabriel puis à Paris au collège Sainte Geneviève d'où il sort bachelier ès-sciences. Il intègre l'Ecole militaire de Saint-Cyr en 1869, promotion du 14 août 1870. A cette date, il est sous-lieutenant, puis lieutenant. Il est promu capitaine le 27 novembre 1870, alors qu'il n'a que dix-neuf ans. En 1871, reclassé lieutenant par la commission de révision des grades, il sera à nouveau promu capitaine en 1876. Il entre à l'Ecole de Guerre en 1878 et en sort breveté en 1880. Nommé chef de bataillon le 6 mai 1889, il reçoit la croix de la Légion d'Honneur en 1891. Nommé colonel, il part commander le 37e régiment d'infanterie à Nancy entre 1900 et 1905. Il est nommé général de brigade le 25 mars 1906, puis général de division, le 21 décembre de l'année suivante.

En juin 1915, il est nommé au commandement du groupe d'armées du centre et dirige l'offensive de Champagne du 25 septembre 1915. En quelques jours il fait 25000 prisonniers, prend 125 canons et contrôle une zone de plusieurs kilomètres de profondeur en territoire allemand. A la suite de cette victoire il est élevé, le 8 octobre 1915, à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur et devient l'adjoint du généralissime JOFFRE.
Cette promotion est saluée dans la presse française et étrangère, l'Express de Lyon écrira : "...c'est une promotion qu'il ne doit qu'à son mérite incontestable..." son adversaire, le général KLUCK dira de lui: "L'adversaire français vers lequel sont allées instinctivement nos sympathies, à cause de son grand talent militaire et de sa chevalerie, c'est le général de CASTELNAU. Et j'aimerais qu'il le sût".

Maintenu en activité sans limite d'âge, placé hors cadre sans commandement, le général de CASTELNAU préside la commission nationale des sépultures militaires qui organise les grands cimetières nationaux.

Elu député de l'Aveyron en 1919, il est très actif au sein de la commission de l'armée à la Chambre. Marginalisé en raison de son militantisme de droite et de son bellicisme affirmé, il succède à BARRES en 1923 à la tête de la ligue des patriotes. Battu aux élections de 1924, il fonde l'année suivante la Fédération Nationale Catholique (FNC), afin de mettre en échec le projet anti-clérical du cartel des gauches. Il met en place, en moins d'un an, une vaste organisation pyramidale de 1,5 à 2 millions de membres, organisant des manifestations de masse qui contraindront le gouvernement HERRIOT à reculer. La FNC est un véritable groupe de pression qui exerce un rôle d'arbitrage lors des élections, et surveille la vie parlementaire, notamment dans les domaines relatifs à l'éducation, la famille et les libertés religieuses. Le général de CASTELNAU dispose en plus d'une tribune. L'influence politique de CASTELNAU diminuera au cours des années 30. En 1940, retiré dans sa propriété de l'Hérault, bien que favorable aux valeurs républicaines, il manifeste une profonde méfiance à l'égard de PETAIN et condamne l'armistice.

Il décède le 19 mars 1944 au château de Lasserre à Montastruc-la-Conseillère et est inhumé, le 21 mars, dans le caveau de famille à Montastruc.
Bien qu'oublié par l'histoire, le général Edouard CURIERES de CASTELNAU a figuré au rang des personnalités de son époque. Fin lettré, il était membre de l'Institut, et membre de la société des Sciences, Arts et Lettres de l'Aveyron. Son courage et sa maîtrise de l'art militaire étaient unanimement reconnus par les alliés de la France qui l'ont élevé aux plus hautes dignités.
Cependant, ses idées en matière de politique et religieuse lui valurent l'hostilité de nombreux hommes politique de son époque. De ce fait et en dépit des services rendus à la nation, le général Edouard CURIERES de CASTELNAU n'accèdera pas au maréchalat.

Une statue, érigée en son honneur dans le jardin public de Saint-Affrique, rappelle son souvenir. Une rue de sa ville natale et à Strasbourg portent encore son nom, une salle lui est consacrée au musée militaire de Vincey dans les Vosges.

Trois des fils de CASTELNAU, Gérald, Xavier et Hugues seront tués pendant la Grande Guerre.


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