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Henri NAVARRE est né à Villefranche-de-Rouergue le 31 juillet 1898

Il était :
Commandeur de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze
Croix de guerre 1939-1945 (avec sept citations)
Médaille de la Résistance avec rosette

Il combat pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale et commande le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient pendant la guerre d'Indochine.

Première Guerre mondiale
En 1916, Henri NAVARRE entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr promotion 1916-1917 « Des drapeaux et de l'Amitié américaine ». Il est envoyé au front en mai 1917 au 2e régiment de hussards. Le 15 août 1917, l'aspirant Henri NAVARRE, rejoint le 4e escadron avant de prendre le commandement d'un peloton. Nommé sous-lieutenant à titre temporaire (21 avril 1918), il est cité à l'ordre de la 4e Brigade Légère pour son action entre le 28 septembre et le 4 octobre 1918 et reçoit la croix de guerre. Détaché pour suivre les cours de la promotion 1916-1917 de St-Cyr dès le 21 février 1919, il est finalement rayé des contrôles le 11 mars 1919.
Entre-deux-guerres
De 1919 à 1921, Henri NAVARRE fait la campagne de Syrie dans un régiment de spahis . Il est affecté en Allemagne dans un régiment de chasseurs à cheval en 1922. En 1927, il rentre à l'École supérieure de guerre. Il participe à la pacification du Grand Atlas et du Sud marocain de 1930 à 1934. De 1934 à 1936, il est capitaine au 11e régiment de cuirassiers. Il rentre ensuite au Service de Renseignements de l'État-Major de l'Armée dont il dirige la section « allemande » de 1938 à 1940. En 1939, avant l'entrée en guerre, il élabore le projet « Desperado » d'élimination du Fuhrer par un attentat suicide perpétré par un ancien des Brigades internationales.
Seconde Guerre mondiale
Après l'Armistice, Henri NAVARRE poursuit ses activités dans l'Armée d'armistice et est nommé chef du 2e bureau du général WEYGAND à Alger chargé à la fois du renseignement et du contre-espionnage. Rappelé en 1942 pour ses actions anti-allemandes, il entre alors dans la clandestinité et devient chef du SR de l'ORA. Il participe ensuite à la libération de la France à la tête d'un régiment blindé de la 1re Armée. Il est promu général de brigade en 1945.
Après la guerre
Affecté en Allemagne dès 1945, il occupe différents postes et notamment ceux de commandant de la 5e division blindée et chef d'état-major du maréchal JUIN.Hormis un bref séjour en Algérie où il occupe, de 1948 à 1949, le poste de commandant de la division de Constantine , il reste en Allemagne jusqu'en mai 1953. Il est nommé général de corps d'armée en 1952.
Indochine
En mai 1953, Henri NAVARRE remplace le général SALAN au poste de commandant en chef des forces françaises en Indochine. Général peu connu, proche du général JUIN , Henri NAVARRE est chargé de trouver une « sortie honorable » à la guerre. Après une tournée d'inspection sur le terrain, il retourne en juillet à Paris pour proposer un plan. Après avoir évacué la base de Na San du 7 au 12 août 1953, Henri NAVARRE a l'intention d'adopter une attitude défensive dans le Tonkin avec néanmoins des opérations ponctuelles (« Hirondelle », « Camargue » et « Mouette ») tout en continuant la pacification de la Cochinchine en attendant que l'Armée nationale vietnamienne prenne le relais. Ses demandes de renforts restent vaines auprès du gouvernement. Pourtant, Henri NAVARRE se décide à investir la plaine de Dien Bien Phu (opération Castor) et d'y installer un camp retranché destiné à prévenir les attaques du Vietminh contre le protectorat du Laos. Cette décision de s'installer dans une plaine entourée de collines est un non-sens militaire. Cependant, ce choix est assumé par le général NAVARRE car ce positionnement dangereux fait partie de sa stratégie. Persuadé de sa supériorité militaire, le général pense qu'en se positionnant à Dien Bien Phu il attirera l'armée vietminh qu'il pourra vaincre, malgré son positionnement désavantageux, grâce à la supériorité de ses troupes et une bonne préparation à subir un état de siège. L'idée stratégique est donc de tendre un piège à l'armée vietminh en l'attirant vers une proie d'apparence facile afin briser son avancée vers le Laos. Bien que préparé et informé de la préparation de l'offensive vietminh dans les collines encerclant la base française, le général NAVARRE ne prend pas en compte les renseignements dont il dispose. L'armée vietminh, bien préparée (grâce notamment à du matériel chinois et russe) assiège violemment la base française pendant presque deux mois. La bataille de Diên Biên Phu est un échec complet pour l'armée française, prise à son propre piège. En janvier 1954, il lance l'opération « Atlante » en Centre-Annam pour éliminer les unités militaires du Vietminh et permettre aux forces du régime de l'empereur BAO-DAÏ de prendre le contrôle politique et administratif de cette zone.

Considéré comme le principal responsable de la chute de Dien Bien Phû, d'autant qu'il a maintenu l'opération « Atlante » pendant toute la bataille (13 mars-7 mai), NAVARRE est remplacé le 3 juin 1954 par le général ELY, nommé, avec SALAN comme adjoint militaire, haut-commissaire en Indochine, car il remplace aussi le haut-commissaire DEJEAN.

En 1956, Henri NAVARRE fait valoir ses droits à la retraite. La même année, il publie son livre Agonie de l'Indochine dans lequel il justifie son action en Indochine et rend la classe politique responsable de la défaite.
Il décède à Paris le 26 septembre 1983.


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