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Section de l'Aveyron Section

Général de division David MATHIEU de St Maurice, comte de La REDORTE

Il était :
- Grand-Croix de la Légion d'Honneur (24/08/1820)
- Grand-Officier (14/06/1804) (nommé directement GO)
- Chevalier (11/12/1803)
- Grand-croix de l'Ordre de la Réunion (3 avril 1813)
- Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer (6 décembre 1807)
- Grand dignitaire de l'Ordre royal des Deux-Siciles (avant 1811)
- Chevalier de Saint-Louis (bien que le comte de La Redorte fut protestant, le 1er 1814
- 1er degré de l'institution du Mérite militaire17 (10 novembre 1814)
- Commandeur de l'ordre de l'Épée de Suède (30 juillet 1823)
- Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer d'Autriche (avril 1824).

Né le 20 février 1768 à St-Affrique, issu d'une famille bourgeoise ou noble (auteurs divergents) et protestante du Rouergue, Maurice MATHIEU est fils d'un docteur en médecine, et de Jeanne de BARRAU.
Il a à peine achevé ses études qu'il entre comme cadet dans le régiment suisse de Meuron le 1er avril 1783, qu'il suit au cap de Bonne-Espérance en 1783 et puis dans les Indes à la même époque. Il passe le 3 octobre 1786, dans la légion française de Luxembourg, et il y est nommé sous-lieutenant, le 30 décembre suivant.
De retour en France en 1789, il ne reprend du service que le 25 janvier 1792 dans le 1er régiment de dragons (Royal Dragons).
Il marche avec la brigade que Monsieur de MURATEL conduit à l'armée du Centre, lors de l'invasion des Prussiens en Champagne, et se signale à la bataille livrée le 20 septembre : la bataille de Valmy.
Il est nommé adjudant-général en juin 1795.
Les habitants de Terracino (frontière de Naples) s'étant attiré la colère du général en chef par les excès auxquels ils se sont livrés envers les Français, « chargé d'en tirer une vengeance terrible », l'adjudant-général MATHIEU s'y porte le 22 thermidor, avec un détachement, enlève la place après six ou huit heures d'un combat sanglant et d'une résistance vigoureuse de la garnison, soutenue par 15 pièces de canon et par un grand nombre de paysans embusqués dans des jardins et des marais. Il s'empare de la ville, passe les rebelles au fil de la baïonnette, et s'empare de leurs armes et de leur artillerie. À la suite de cette action, pendant laquelle il a un cheval tué sous lui, le Directoire lui confère, le 9 septembre 1798, le grade de général de brigade.
En l'an VII, l'armée française ayant été attaquée par un fort contingent de Napolitains, aux ordres du général autrichien MACK, le général MATHIEU est chargé de les contenir. Il chasse l'ennemi et s'empare du camp d'une division napolitaine. Il repousse l'ennemi sur tous les points, fait plus du 2 000 prisonniers 8 pièces de canon, 3 drapeaux, ainsi que tout l'état-major du régiment italien de cavalerie de la Principessa.
Le 9 décembre 1798, le général MATHIEU de La REDORTE entre dans Rome, après avoir remporté, près de La Storta, un avantage sur la colonne napolitaine du comte de DAMAS.
Promu général de division le 17 avril 1799, il prend le 9 nivôse An VIII, le commandement d'un corps de 3 600 hommes rassemblés à Brest, et le 26 pluviôse celui du département du Finistère et de la ville de Brest.
Il est investi du commandement de la 20ème division militaire à Périgueux, puis se rend à Dijon pour commander une division de l'armée d'observation aux ordres du général MURAT.
Successivement il est à l'armée d'observation du Midi, au commandement de la 11e division militaire à Bordeaux, puis à celui de la 1re division du camp de Bayonne et ensuite au camp de Brest.
Nommé membre et grand officier de la Légion d'honneur, il est fait président du collège électoral de l'Aveyron.
En l'an XIV, il commande la 2ème division du 7ème corps du maréchal AUGEREAU, de la Grande Armée, employée dans le Brisgau et destinée à repousser sur le Tyrol le corps autrichien du général JELACIC. Ce corps, cerné dans les positions qu'il occupe, met bas les armes et est fait prisonnier de guerre. Il sert en 1806 et 1807, dans la campagne de Prusse et de Pologne. Le 4 avril 1806, il passe au service de Joseph BONAPARTE, décrété roi de Naples, et suit ce prince en Espagne. En 1808, il se distingue le 23 novembre, et est blessé à la bataille de Tudela, après laquelle il a le commandement de Barcelone et de la Basse-Catalogne.
NAPOLEON Ier, qui fait le plus grand cas de son mérite, lui décerne la croix de chevalier de l'ordre de la Couronne de fer le 6 décembre 1807, et l'élève au rang de comte de l'Empire en 1810. Il reçoit le 3 avril 1813, la grand-croix de l'ordre de la Réunion, et rentre en France en 1814, avec les débris de son armée, tenant toujours tête à l'ennemi.
Louis XVIII le fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (bien que le comte est protestant), le 1er juin 1814 et membre de l'institution du Mérite. Le ministre français de la Guerre lui confie dans le même temps, les fonctions d'inspecteur-général pour l'organisation de l'infanterie.
NAPOLEON Ier emploie néanmoins le comte MATHIEU de La REDORTE pendant son règne des Cent-Jours en lui confiant le commandement de la 10ème division militaire à Toulouse.
Le 23 octobre 1817, Louis XVIII lui donne le commandement de la 19e division militaire, et celui de Lyon. Il est mis en disponibilité en 18235.
Créé pair de France, au titre héréditaire de baron, par ordonnance royale du 5 mars 1819, Grand'croix de la Légion d'honneur le 20 août 1820, le comte MATHIEU de La REDORTE vote constamment avec la minorité constitutionnelle du palais du Luxembourg.
En 1830, il prête serment à la royauté nouvelle, mais prétextant ses infirmités pour refuser de faire partie du cadre de réserve, il prend sa retraite l'année suivante.
Il meurt le 1er mars 1833. Tout d'abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise, sa dépouille est transférée à La Redorte, en Aveyron.
Son nom figure sur l'Arc de triomphe.


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