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Section de l'Aveyron Section

Général baron Jean-Baptiste SOLIGNAC

Il était :
- Grand Officier de la Légion d'Honneur (20/04/1831)

Né le 15 mars 1773 à Millau, il est le fils de Joseph SOLIGNAC, bourgeois et de dame Pétronille MAQUIO. Il a passé sa jeunesse dans le quartier de la rue «del forn de las Torres» et n'oubliera jamais qu'il est un «millautin». A la veille de la Révolution le jeune SOLIGNAC est un adolescent patriote, aussi, deux ans plus tard, lorsque la France est menacée par l'Europe monarchique, il s'engage le 28 septembre 1791 dans le régiment de Vermandois qui deviendra en 1792, le 61ème régiment d'infanterie de ligne. Affecté au 2ème bataillon, il est nommé lieutenant en août 1792, puis capitaine en novembre de la même année. Son unité appartient à l'Armée des Pyrénées Orientales lors de la Guerre du Roussillon (mars 1793 - juillet 1795). Durant cette campagne, il reçoit le baptême du feu, le 17 septembre 1793, à la bataille de Peyrestortes dont la victoire met fin à l'invasion espagnole. Bénéficiant d'un rapide avancement, il devient chef de bataillon le 28 janvier 1794 et adjudant-général le 22 du même mois !
Muté à Marseille, il est dénoncé pour avoir relâché des fédéralistes. Il s'enfuit à Paris, mais il est arrêté et enfermé à la prison de La Force pendant cinq mois. Libéré en prairial de l'An III (fin mai 1795 ), il reste à Paris où il fait la connaissance du général BONAPARTE. Celui-ci, lors des combats du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), lui confie les postes « du cul-de-sac Dauphin, du passage Venua et du Manège », où ont commencé les premières escarmouches.
Lors de la 1ère campagne d'Italie en 1796, pour le remercier de ses services, le général BONAPARTE le nomme chef d'état-major du général MASSENA qui commande le corps d'armée chargé d'occuper Rome. Promu provisoirement général de brigade pendant la 2ème campagne d'Italie (1799-1800), Jean-Baptiste SOLIGNAC se distingue particulièrement à la bataille de Novi, le 15 août 1799. Au mois d'octobre, il est de retour à Paris et retrouve le général BONAPARTE qui vient de rentrer d'Egypte.

Le 18 brumaire An VIII (9 novembre 1799), il assure la protection du Palais du Luxembourg qui est le siège du Directoire. Le lendemain, dans la salle du Conseil des Cinq Cents, il protège BONAPARTE contre les menaces des députés. Obéissant à Joachim MURAT, SOLIGNAC et ses grenadiers chassent de l'Orangeraie les députés récalcitrants. Devenu Premier Consul, BONAPARTE se montrera toujours reconnaissant envers Solignac. Lors de la 2ème campagne d'Italie (1799 - 1800), il le confirme dans son grade de général de brigade en le plaçant sous les ordres du général MASSENA.
Mais c'est lors de la campagne de l'An XII qu'il réalise une action d'éclat à San-Leonardo, en faisant capituler le général HELLINGER avec toute sa troupe forte de 5000 hommes.
Accusé injustement de concussions, le général SOLIGNAC est destitué le 31 mars 1806. Mais les accusations dont il était l'objet paraissant douteuses à l'Empereur, celui-ci le rétablit dans son grade.
Le 19 mars 1807, le général est présent à Dantzig avec la Grande Armée. Quelques mois plus tard, le 18 janvier 1808, il rejoint au Portugal, le corps expéditionnaire commandé par le général JUNOT. Le 29 juillet 1818, il montre ses qualités tactiques en écrasant devant Evora un corps portugais et espagnol. Le général JUNOT notera que « le général SOLIGNAC s'est conduit comme il l'avait fait pendant les campagnes précédentes, c'est-à-dire, avec talent, sang-froid et intrépidité ». Trois semaines plus tard, le 20 août, à la bataille de Vimeiro, sa brigade est composée de 3 bataillons, dont le 3ème du 12ème régiment d'infanterie de ligne. Afin de secourir la brigade du général BRENIER, il tente de contourner par le nord les positions tenues par l'armée britannique commandée par un « certain » WELLINGTON. Sa brigade qui subit de lourdes pertes doit battre en retraite. Lui-même est blessé grièvement. En déroute, toute l'armée française se replie sur Lisbonne.
Le 20 décembre 1808, NAPOLEON le nomme baron d'Empire pour le récompenser de sa bravoure et de ses qualités de chef. En 1809 et 1810, général de division, il sert en Espagne sous les ordres du maréchal JOURDAN. Le 1er janvier 1814, NAPOLEON lui donne le commandement d'une division du 1er corps d'armée avec laquelle il obtient trois victoires.
Le 15 janvier 1815, le général baron Jean-Baptiste SOLIGNAC est mis en en non-activité. Il est élu, le 15 mai, par l'arrondissement de Millau représentant à la Chambre des Cent-Jours.
En raison de son soutien actif à la cause bonapartiste, le général SOLIGNAC est réformé sans traitement le 23 décembre 1815. Admis à la retraite le 11 août 1819, il est rappelé en activité le 1er septembre 1830 pour commander la 9ème division militaire.
En 1833, il commande les troupes portugaises pour aider Dona MARIA à retrouver le trône du Portugal usurpé par son oncle, le prince Don MIGUEL. Pour le remercier, la nouvelle reine, devenue MARIE II, le nomme Grand Maréchal du Portugal.

Placé en position statutaire de réserviste le 25 juin 1834, le général Jean-Baptiste SOLIGNAC est réadmis à la retraite le 8 juin 1848.
Il avait trois fils, EUGENE, qui deviendra le chambellan de NAPOLEON III, NAPOLEON, capitaine et LAURENT, colonel. Il se retire à Montpellier où il décède le 10 novembre 1850. Il est enterré à Millau au cimetière de l'Egalité. Une modeste tombe rappelle humblement le souvenir d'un nom qui a pourtant l'honneur d'être inscrit à la 35ème colonne du pilier ouest de l'Arc de Triomphe.
Il fut député des Cents Jours et député de l'Aveyron.


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