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Section de l'Aveyron Section

Général baron Philippe HIGONET

Il était :
- Commandeur de la Légion d'Honneur (08/06/1824)
- Officier de la LH
- Chevalier de la LH (14/05/1806)
- Chevalier de l'Ordre de Saint Louis (1814)
- Grand Officier de l'Ordre de Saint Ferdinand d'Espagne (1824)
- Commandeur de l'Ordre de Saint Louis (22/02/1829)
- Commandeur de l'Ordre du Sauveur de Grèce (22/02/1829)

Né le dimanche 5 mai 1782, à Saint-Geniez-d'Olt, il est fils de Joseph HIGONET, maître apothicaire, et de Marie MASSABUAU. Il n'a pas 22 ans lorsqu'il quitte le laboratoire de son père pour rejoindre le camp de Boulogne. Le 20 avril 1804, il s'engage dans le 4ème Régiment de Ligne. Cinq jours après son enrôlement comme soldat, il est nommé caporal, puis sergent le 30 juin. Quelques mois plus tard, le 9 février 1805, il est affecté avec le grade de lieutenant au 108ème Régiment de Ligne qui est commandé par le colonel Joseph HIGONET, son frère ainé! La guerre ayant été déclarée à l'Autriche, NAPOLEON quitte Boulogne et se dirige vers le Rhin avec son armée de cent soixante-dix mille hommes. Le 108ème appartient au 3ème corps d'armée commandé par le maréchal DAVOUT. Il franchit le Danube et se dirige vers Munich. Le 8 novembre 1805, le régiment participe au dur combat de Maria-Zell, où la conduite au feu du lieutenant Philippe HIGONET est qualifiée «d' audacieuse et brillante». Quelques jours plus tard, le 2 décembre 1805, cet officier se signale encore par une action d'éclat à la bataille d'Austerlitz où il est blessé d'un coup de feu à la cuisse droite.
Il est nommé capitaine le 4 janvier 1806. Il reçoit la croix de la Légion d'Honneur le 14 mai. Alors que NAPOLEON remporte la victoire d'Iéna où son frère Joseph est tué, le nouveau capitaine fait preuve d'habileté et d'audace à la bataille d'Auerstaedt remportée par DAVOUT, le 14 octobre 1806. Il se distingue le 8 février 1807 dans une action téméraire près du «fameux cimetière d'Eylau», où il est à nouveau blessé à la jambe gauche et au bas-ventre. En 1809, il participe aux batailles d'Eckmühl et de Wagram. Sa conduite héroïque est récompensée le 22 juin 1809 par son affectation au 1er Régiment de Grenadiers de la prestigieuse Garde Impériale.
Avec sa nouvelle unité, il prend part, en 1812, à la campagne de Russie, au cours de laquelle il se fait toujours remarquer par son courage, notamment à la bataille de la Moskowa et durant l'horrible retraite. Ses actions d'éclat lui font mériter le grade de major et l'honneur de commander le 34ème Régiment Provisoire Bis, composé en partie avec les débris de l'ancien 108ème.
Durant la campagne d'Allemagne, il est enfermé en septembre 1813, avec le 13ème Corps de DAVOUT dans Hambourg. Le maréchal lui confie la garde du Fort de l'Etoile, point de mire de l'ennemi. Mais le valeureux major, par son extrême surveillance et son audacieuse opiniâtreté, tient en échec toutes les tentatives d'assaut des assiégeants. Le 1er mars 1814, DAVOUT nomme colonel celui qu'il appelle «l'un des plus brillants officiers de l'armée».

La première Restauration a lieu le 30 mars 1814. LOUIS XVIII décerne la croix de Chevalier de l'Ordre de Saint Louis à Philippe HIGONET, qui, peu après, reçoit le commandement de l'Aveyron. Mais NAPOLEON revient de l'ile d'Elbe. Le maréchal DAVOUT, ministre de la Guerre durant les Cents Jours, place son ancien subordonné à la tête du 10ème Régiment de Ligne, puis le charge de «conduire à l'ennemi» son ancien régiment, le 108ème. A sa tête le colonel HIGONET va se couvrir de gloire. D'abord le 16 juin, aux Quatre-Bras, il sauve la Division BACHELU menacée d'être anéantie par deux régiments anglais, puis le 18, à Waterloo, alors que l'armée française est en déroute. Il ne quitte sa position que sur l'ordre exprés du maréchal NEY (fusillé le 7 décembre 1815) apporté par La BEDOYERE (fusillé le 19 août 1815). L'intrépide Philippe HIGONET se replie, mais doit faire face plus d'une fois à l'ennemi. Au cours de ces trois journées d'âpres combats, il est blessé deux fois par des coups de lance et il a eu deux chevaux tués sous lui aux Quatre-Bras.

Sous la Restauration, il est procédé à une nouvelle organisation de l'Armée. Les anciens régiments de ligne sont remplacés par des légions dépatementales. Le 19 août 1815, LOUIS XVIII désigne le colonel HIGONET pour former et commander la Légion du Cantal. A Aurillac, il réussit avec bonheur dans toutes les missions qui lui sont confiées et par ses qualités humaines. Surnommé «le beau colonel», il exerce une véritable séduction autour de lui et tout particulièrement auprès d'Augustine, la fille du Baron Jean-François de JUJEALS DE PEYRAC DE VEILLAN. Il l'épouse le 8 juin 1816. Il reçoit le titre de baron et choisit pour devise de ses armoiries «Virtus, labor, pietas». Ces trois mots résument son existence et sa personnalité.

Les légions étant supprimées, le colonel Philippe HIGONET se voit confier le commandement du 9ème Régiment de Ligne en garnison à Metz. En 1823, il participe avec son régiment à l'expédition d'Espagne. Le 11 août 1823, pour récompenser ses actes de bravoure au siège de Pampelune, il est promu maréchal de camp (général de brigade). Ayant reçu le 3 septembre, la mission d'assiéger San Sébastien, il obtient la capitulation de la ville le 28. La campagne terminée, il rentre en France en mars 1823. L'année suivante, le 8 juin 1824, il est promu Commandeur de l'Ordre de la Légion d'Honneur et élevé à la dignité de Grand Officier de l'Ordre de Saint Ferdinand d'Espagne.

De retour dans le Cantal, le général HIGONET va entreprendre une nouvelle carrière. Il est élu député du 1er arrondissement du Cantal le 18 novembre 1827. Mais ses travaux parlementaires vont être rapidement interrompus. En effet, par ordonnance du 24 juillet 1828, il lui est attribué le commandement de la 2ème brigade pour participer à l'expédition de Morée en Grèce. Il va s'y distinguer d'une part, en s'emparant de la citadelle de Navarin tenue par les Turcs et d'autre part, en prenant des mesures efficaces et judicieuses pour éviter la propagation de la peste qui sévissait dans le Péloponèse. En février 1829, lors de son retour en France, le roi CHARLES X le félicite, en audience privée, pour ses interventions militaires et humanitaires.
Le général HIGONET reprend ses activités parlementaires. Il défend notamment la condition des officiers mis à la demi-solde et les intérêts des agriculteurs. Mais, après la Révolution des «Trois Glorieuses», il démissionne de son mandat de député le 12 août 1830.

En le sortant de «sa retraite», la Révolution de 1848 met fin à ces dix-huit années «d'exil politique». Il afferme sa propriété pour pouvoir se présenter aux élections législatives. Battu honorablement, il accepte la défaite avec une dignité noble et touchante. Après le coup d'Etat du 2 décembre, de nouvelles élections sont devenues indispensables. A nouveau, Philippe HIGONET est pressenti pour se représenter. Mais comme il refuse de prêter le serment exigé aux candidats, il doit se désister. Content de son sort et n'étant troublé par aucun regret, le général va passer les dernières années de sa vie en conservant toute la vigueur de son caractère et en restant fidèle à ses convictions.
Le dimanche 6 février 1859, Philippe HIGONET souffre cruellement des blessures reçues à Eylau. Il se couche pour ne plus se relever. Il meurt le 12 février, âgé de 77 ans. Il est enterré le lundi 14 février au cimetière Massigoux d'Aurillac.


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