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Section de l'Aveyron Section

Le docteur Jean-Louis ALIBERT était :

- Chevalier de la Légion d'Honneur (03 septembre 1814)
- Officier de la Légion d'Honneur (23 avril 1821)

Jean-Louis ALIBERT naît le 2 mai 1768, à Villefranche-de-Rouergue, où son père était magistrat en qualité de conseiller au Présidial de cette ville. C'est là, au collège des Pères de la doctrine chrétienne, qu'il fit ses premières études. Il développe, au cours de ses promenades sur les coteaux voisins, un goût pour la nature et les beaux paysages. Il eut pour condisciples et amis, Pierre LAROMIGUIERE qui fut professeur de philosophie à la Sorbonne et l'abbé SICARD, qui succéda à l'abbé de l'Épée , dans l'enseignement des sourds-muets. À l'issue de ses humanités, il se rendit à Toulouse, pour y effectuer un noviciat de deux ans, dans la Congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, avant d'être désigné comme professeur de lettres au collège de Villefranche. L'abrogation des ordres religieux en France, par la loi du 17 août 1792, entraîna la fermeture du collège et Alibert fut rendu à la vie civile.
La Convention nationale créa, le 9 brumaire de l'an III (30 octobre 1794), l'École normale dans le but de promouvoir l'enseignement en France et ALIBERT y obtint une place : il put y compléter son instruction générale, mais, après quatre mois de cours, l'École normale fut fermée. Il s'était lié d'amitié, à cette époque, avec des normaliens comme lui et il fréquenta aussi la Société d'Auteuil fermé pendant la Terreur, le salon d'Auteuil accueillit après le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794) de nombreux médecins Ces fréquentations décidèrent de son avenir.

La loi du 14 frimaire de l'an III (4 décembre 1794) avait créé les Écoles de Santé et ALIBERT se présenta au concours de celle de Paris, le 20 février 1796, où il fut admis : il suivit avec assiduité les leçons de clinique médicale à la Charité et à la Salpétrière et de clinique chirurgicale à l'Hôtel-Dieu.
À cette époque, il devint membre de la Société philomatique de Paris et en 1796, il participa à la création de la Société médicale d'émulation : il en fut le premier secrétaire général. Le 28 brumaire de l'an VIII (19 novembre 1799), il soutint sa thèse de doctorat avec pour sujet : Dissertation sur les fièvres pernicieuses ou ataxiques intermittentes.
En 1801, le Comité des hôpitaux de Paris nomma ALIBERT médecin-adjoint de l'hôpital Saint-Louis (hospice du Nord), puis titulaire en 1802. Situé loin du centre de Paris, Saint-Louis recevait essentiellement des patients atteints de maladies chroniques ou contagieuses dont faisaient partie les maladies de la peau comme les ulcères de toute origine, les maladies croûteuses ou le scorbut : ALIBERT décida qu'il en ferait sa spécialité. À l'hôpital Saint-Louis, il inaugura des Cliniques sur les maladies cutanées qui attirèrent des étudiants mais aussi des médecins confirmés français ou étrangers. Les locaux du pavillon Gabrielle étant devenus trop exigus, ALIBERT transporta ses cours en plein air, sous les ombrages des tilleuls.
En 1815, Antoine PORTAL le fit nommer médecin consultant du roi Louis XVIII et en 1818, il devint premier médecin ordinaire du roi cette distinction flatteuse fut unanimement approuvée par l'opinion publique. Il consacra alors la plus grande partie de son temps aux soins du roi et il dut abandonner son service de l'hôtel-Dieu.
Il contribua à la création de l‘Académie de médecine et il fit partie de la section Médecine où il fut élu, le 27 décembre 1820. Le 9 août 1821, ALIBERT fut choisi comme professeur de botanique à la Faculté de Médecine de Paris, puis, en 1823, il obtint la chaire de thérapeutique et de matière médicale.
Au décès de Louis XVIII, en septembre 1824, il devint premier médecin ordinaire du roi Charles X qui le nomma Baron, (le 31 octobre 1827), pour les services rendus pendant le règne et la maladie du roi.

Jean-Louis ALIBERT est mort à Paris, à 69 ans, le 4 novembre 1837 d'un cancer de l'estomac et il fut inhumé, le 7 novembre au cimetière du Père-Lachaise. Jean CRUVEILHIER prononça un discours au nom de la Faculté, le secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine, Étienne PARISET fit son éloge au nom de l'Académie. Quelques mois plus tard, son corps fut transporté à Villefranche-de-Rouerge puis dans la chapelle de son château du domaine des ALIBERT.
Le 5 novembre 1838, le professeur Jean-Nicolas MARJOLIN fit un panégyrique d'ALIBERT dans la séance annuelle de la Faculté de Médecine. En 1840, le roi Louis-Philippe donna le nom d'ALIBERT à une rue de Paris, avoisinant l'Hôpital Saint-Louis.
Il était membre de nombreuses sociétés savantes françaises et étrangères comme l'Académie de médecine de Madrid, l'Académie des sciences de Turin, celle de Saint-Pétersbourg ou l'Académie impériale de Vienne. Il était également membre de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron.
Le musée municipal de Villefranche-de-Rouerge comporte une salle qui lui est consacrée.

PUBLICATIONS :
1804 : Les Éléments de thérapeutique et de matière médicale et Traité des fièvres pernicieuses intermittentes.
Entre 1806 et 1814 : Description des maladies de la peau observées à l'hôpital Saint-Louis, et exposition des meilleures méthodes suivies pour leur traitement (illustrée de cinquante trois planches en couleur).
1810-1818 : Physiologie des passions, ou Nouvelle doctrine des sentiments moraux.
1817 : premier volume de Nosologie naturelle ou les maladies du corps humain distribuées par famille, dans lequel il classe les maladies par organe.
1820 : Éloge historique de Pierre Roussel.
1823 : Physiologie des passions qui obtint en août 1827, un prix Montyon à l'Académie française.
1826 : Précis historique sur les eaux minérales les plus usitées en médecine.
1832 : On lui doit le fameux « Arbre des dermatoses » qu'il imagina à partir de l'Arbre des Fièvres de Francesco TORTI : c'est dans Monographie des dermatoses ou précis théorique et pratique des maladies de la peau, qu'apparaît la première illustration dont il existe plusieurs versions ultérieures.


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