Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section de l'Aveyron Section

Photographie de la dernière activité

Monsieur André BOULOC nous a quittés le 10 février 2017

Il était :
Chevalier de la Légion d'Honneur
Titulaire de la Médaille Militaire
Croix de Guerre avec 3 palmes
Croix du Combattant volontaire
Médaille des Évadés
Presidential Unit Citation à titre personnel
Titulaire de 3 citations :
Citation à l'ordre de l'armée « tireur de char possédant des qualités extraordinaires de réflexe et de rapidité, a détruit un matériel important dans la marche d'Alençon à Carrouges le 13 août 1944, durant laquelle son char est constamment resté en pointe »
Citation à l'ordre de la division / ordre du général Leclerc commandant la 2e DB : « Tireur à bord du char Lille, cuirassier ardent et courageux, a, le 20 septembre 1944, devant Vathiménil, ouvert un feu violent et précis sur une patrouille ennemie à pied puis sur une colonne motorisée comprenant 3 véhicules automobiles et un char moyen qu'il avait laissé s'approcher en pleine nuit jusqu'à 30 mètres, les mettant rapidement ainsi hors de combat.
Citation à l'ordre du régiment / ordre du général Leclerc commandant la 2e DB : « Tireur sur le char Lille, a pendant l'attaque des hauteurs du nord de Morée, le 27 août 1944, détruit plusieurs nids de mitrailleuses ennemies au cours du combat volontaire pour une reconnaissance de pièces, a ramené son chef de char blessé. »

Elogé prononcé lors de ses obsèques :
André BOULOC est né à Rodez le 16 mars 1925. Il y passe toute sa jeunesse avec des vacances dans la campagne de Montfranc, chez sa grand-mère. Les travaux de la ferme y sont durs mais il en gardera d'excellents souvenirs. Au moment où la guerre éclate, il étudie au lycée Ferdinand Foch de Rodez.
L'armée allemande débarque en zone sud en novembre 1942 et le groupe de jeunes dont il fait partie mène la vie dure à l'occupant. Bien organisés, ils distribuent le journal gaulliste « Combat » sous le manteau, ainsi que des tracts anti STO (Service du Travail Obligatoire). Ils vont être dénoncés pour leurs activités Par des Français.
Avec son ami Jean BRINGUIER, André BOULOC décide de rejoindre la France Libre. C'est là que commence l'épopée guerrière : passage des Pyrénées, les geôles franquistes et la faim, le rapatriement sanitaire en Afrique du Nord et l'engagement dans la 2e DB en novembre 1943. Il sera tireur sur Sherman au 12e cuirassier.
Puis, c'est le transfert vers l'Angleterre, l'entraînement à West-Luton, Bournemouth, le débarquement à Grand-Camp le 2 août 1944. En Normandie, les Alliés piétinent. MONTGOMERY aurait dû atteindre Caen en trois jours il mettra un mois. La 2e DB est intégrée à l'armée américaine du général Patton. Le baptême du feu commence dans la percée Alençon - Carrouges.
Char de tête, André BOULOC est le premier à entrer dans Carrouges, causant de nombreuses pertes à l'ennemi. La bataille est rude. Il y a un char allemand détruit pour vingt blindés alliés hors de combat. Il participe à la libération de Paris, aux combats du Bourget, perd de nombreux amis. Les batailles se succèdent : la poche de Royant, la percée de Saverne, la poursuite de l'armée allemande jusqu'à Berchtesgaden. Il est démobilisé à Bray-sur-Seine et renonce à l'Indochine pour retrouver sa terre natale, l'Aveyron.
Il épouse Lucienne en 1948. L'occasion leur est offerte de travailler pour la Socony Mobil Oil au Maroc. Odile naît à Settat en juin 1950, et les événements les forceront à quitter le pays en 1956. Une vie plus calme et un métier plus apaisé vont désormais s'exercer en région Rhône-Alpes. Les vacances se déroulent toujours en Aveyron pour la plus grande joie des enfants, des petits-enfants et des nouveaux entrants dans la famille. C'est aussi là qu'André BOULOC et Lucienne prendront leur retraite dans le paisible village de Privezac.
Le 10 février, André BOULOC, le fracas des armes s'est tu. Vous pouvez reposer en paix pour ne garder que la bonté et la générosité que vous avez toujours distribuées.
Il ne s'est jamais vanté d'avoir fait la guerre, mais davantage d'avoir accompli son devoir.


Retourner à l'historique des reportages de souvenirs



  © SMLH - 2016