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Section de l'Aveyron Section

Photographie de la dernière activité

Casimir Auguste LADET nous a quittés le 17 décembre 2017
.
Il était :
- Chevalier de la Légion d'Honneur (11/04/2015)
- Croix du combattant volontaire.

Né le 12 octobre 1916 à Cruéjouls. Il est intégré à la classe 1936 avec le matricule 1005 au bureau de recrutement de Rodez. Il déclare la profession d'agriculteur. Il est appelé aux Armées le 3 septembre 1939 au 38ème régiment d'Infanterie de Saint-Etienne. Dans ce régiment il occupe la fonction d'estafette en side-car. Pendant pratiquement une année, il se bat face aux allemands, arrive dans les premiers français sur la frontière franco-belge et sera arrêté aux abords de la Hollande. Capturé le 31 mai 1940, il est envoyé en captivité. Il tente une première fois de s'évader du Stalag III B de Fürstenberg-sur-Oder à la fin juillet 1942.
Le 22 août 1942, après une autre tentative d'évasion, il est repris par la FeldGendarmerie à Mulhberg et est alors envoyé au camp de RAWA RUSKA, où il restera jusqu'au 18 janvier 1943, comme interné résistant. Lorsque les allemands sont obligés de quitter la région devant l'avance de l'armée soviétique, il est transféré dans un sous-camp dont il tentera encore trois fois de s'évader.
Casimir Auguste LADET restera en captivité jusqu'au 5 mai 1945.

Casimir LADET était agriculteur lors de son incorporation avant la Guerre, il revient à Palmas après la guerre et y sera agriculteur jusqu'à sa retraite en 1955.

Pour ceux qui ne connaissent le camp de RAWA-ROUSKA que par son nom et surtout pour les plus jeunes qui n'en n'ont jamais entendu parler, ce camp se trouve en Ukraine, à la frontière polonaise. En septembre 1939, lorsque l'Allemagne nazie envahit la Pologne, l'Union soviétique annexe la partie orientale de la Pologne. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville est envahie par l'Armée rouge, puis annexée par l'Union soviétique au sein de la république socialiste soviétique d'Ukraine. Les autorités soviétiques y édifient une caserne, qui est transformé en camp d'internement pour les soldats faits prisonniers après que l'Allemagne eut lancé son offensive contre l'URSS en juin 1941. Le 22 juin 1941, dès le début de l'invasion de l'Union soviétique, la ville est conquise par l'armée allemande. En mars 1942, un camp de représailles, le Stalag 325, y est créé pour des prisonniers de guerre français et belges. Les autorités allemandes décident d'y déporter les prisonniers de guerre français internés en Allemagne qui avaient tenté de s'évader ou refusaient de travailler. Le premier convoi arrive à RAWA-RUSKA le 13 avril 1942. En juin de la même année, les prisonniers français et belges sont environ 10 000, et l'on commence à les répartir dans des « sous-camps » créés dans la région. Une grande partie des détenus y périssent en raison des conditions de vie. Ces conditions sont particulièrement pénibles, en raison du climat d'abord, les températures de -20° à -30 °C sont fréquentes pendant les cinq mois d'hiver, et la chaleur torride en été, d'une nourriture insuffisante et du travail forcé auquel sont contraints les prisonniers, les robinets d'eau sont rares et bien insuffisants pour quelque 10 000 hommes, ce qui va amener plus tard Winston CHURCHILL à décrire dans un discours ce camp comme celui « de la goutte d'eau et de la mort lente ». Dans une lettre édifiante au procureur général du procès de Nuremberg, le chef du camp, le lieutenant-colonel BORCK, écrivait peu avant son exécution : « RAWA-RUSKA restera mon oeuvre, j'en revendique hautement la création, et si j'avais eu le temps de la parachever, aucun Français n'en serait sorti vivant. Car je peux bien le dire maintenant, puisque je vais mourir, j'avais reçu des ordres secrets de HIMMLER d'anéantir tous les terroristes français ». Devant l'avance de l'Armée rouge, RAWA RUSKA est abandonné par les prisonniers le 19 janvier 1944 et ses occupants transférés par les Allemands dans divers camps.


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