Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section de l'Aveyron Section

Photographie de la dernière activité

Madame Marie-Paule GILHODES nous a quittés le 29 mars 2018.

Elle était :
Chevalier de la Légion d'Honneur (14/07/2003)
Chevalier de l'Ordre national du Mérite

Texte de l'hommage rendu par le lieutenant-colonel Bernard MAURY lors de ses obsèques :

Elle est née le 14 mars 1926 à Fameck, petit village de Lorraine, au sud de Thionville. Dès son plus jeune âge, ses parents, et surtout son père Eugène Klein, lui inculquent les valeurs républicaines, et notamment, le sens du devoir et l'amour de la patrie. Ces valeurs, créatrices de ses qualités intrinsèques, elle va les respecter toute sa vie. Vient l'époque où le bruit des bottes des hordes nazies se répand sur le Nord de la France, la Moselle est une nouvelle fois envahie et occupée, la France est vaincue.
Durant la guerre, malgré son jeune âge, elle va faire preuve d'un patriotisme ardent et démontrer un courage inébranlable. En effet, bravant les dangers et risquant sa vie à chaque mission, elle accompagne ses deux frères ainés, Lucien et Eugène, qui aident des prisonniers évadés des stalags en Allemagne à rejoindre les départements voisins. Elle continue ses activités clandestines jusqu'à son arrestation par les allemands en janvier 1943, peu après celles de ses parents et de son frère Gaston, âgé seulement de 13 ans. Elle est déportée le 22 janvier 1943 au camp de Striegau, en Haute Silésie. Durant toute sa détention, elle supporte les cruelles souffrances et les violents sévices qui lui sont quotidiennement infligés avec l'abnégation et la remarquable fermeté d'âme qui la caractérisent. Libérée par les soviétiques en mars 1945, elle les accompagne dans leur marche victorieuse vers Berlin. Mais le 6 mai 1945, elle s'écarte malencontreusement de la colonne. Progressant dans une zone non reconnue, elle saute sur une mine antipersonnel. Très grièvement blessée elle est opérée par un chirurgien soviétique qui l'ampute de la jambe gauche au niveau du tiers supérieur du fémur. Agée seulement de 19 ans, elle va, une fois de plus, faire face à l'adversité avec son courage habituel.
Rentrée en France, elle part travailler à Limoges où elle fait la connaissance d'Henri GILHODES, originaire de Vezins. C'est dans ce village du Lévézou qu'ils se marient en 1949. C'est à Millau que Marie-Paule GILHODES va s'impliquer avec toute son énergie dans la vie associative combattante. Elle devient en 1985, vice-présidente de l'union des anciens combattants et victimes de guerre, association dont elle assume avec dévouement et efficacité les responsabilités de présidente, à partir de 1995. Enfin, elle siège au bureau du Comité d'Entente des Associations d'Anciens Combattants de Millau. Elle a toujours assumé ses différentes fonctions au sein des associations, en faisant preuve de dévouement sans faille et d'une disponibilité permanente. Elle participe à Millau à toutes les cérémonies commémoratives nationales et locales.
Mais encore, son témoignage authentique et vivace auprès des élèves des établissements scolaires ravive leur sens de l'Histoire et développe leur fibre patriotique.
Figure emblématique de la Résistance dans le département, elle en est devenue le symbole, car transparaissaient en elle, le sens de l'honneur, l'amour de la patrie, la rigueur morale et le goût du devoir.


Retourner à l'historique des reportages de souvenirs



  © SMLH - 2016